Réflexions du fauteuil : le Fond de solidarité de la FTQ, une question de morale et d’éthique
13 03 2009
Voici le yatch de Tony Accurso sur lequel les dirigeants de la FTQ ont pris des vacances. Les syndiqués de la centrale et les investisseurs dans le Fond de solidarité devraient être fiers, car il y a un peu d'eux autres là-dedans.
La FTQ s’enfonce de plus en plus dans les problèmes de morale et d’éthique. Après le scandale des dépenses folles et les liaisons douteuses du directeur général de la FTQ-Construction, c’est au tour du président de la centrale, Michel Arsenault de se retrouver dans l’eau chaude.
Radio-Canada a révélé que M. Arsenault à l’instar de l’ancien président de la FTQ-Construction, Jean Lavallée, est un des grands amis de l’entrepreneur Tony Accurso, un des plus importants bénéficiaires des investissements du Fond de solidarité. Il aurait reçu plus de 250 millions de dollars depuis 20 ans. Pour se justifier, M. Arsenault a répliqué que c’est l’ancien président de la FTQ, Louis Laberge, qui lui a présenté M. Accurso, dont il était aussi l’ami. Il prétend qu’il a le droit de fréquenter qui il veut et il jure que l’entrepreneur ne jouit d’aucun passe-droit quand vient le temps de prendre la décision d’investir dans ses projets. Finalement, il se réjouit que l’argent investi chez son ami rapporte des rendements de 12,8 %, soit quatre fois le rendement moyen du Fond.
Toutes ces justifications sont bien bonnes, mais là n’est pas la question. Ce qu’il faut se demander, c’est si c’est moral et éthique que le président de la FTQ qui représente les travailleurs et qui est aussi le président du conseil d’administration du Fond de solidarité, soit ami avec un des plus importants entrepreneurs immobiliers du Québec qui incidemment a construit le siège social du Fond de solidarité. Ma réponse est non. À cause de ses responsabilités et de son double mandat, M. Arsenault devrait avoir la sagesse de se tenir à bonne distance des entrepreneurs qui engagent ses syndiqués et/ou ont recours aux investissements du Fond. Sinon, il se place en situation de conflit d’intérêt assez évident. Je ne veux pas préjuger de sa bonne foi, mais là où il y a apparence de conflit d’intérêts, il y a souvent anguille sous roche.
Lorsque le Fond de solidarité a été créé en 1983, j’ai tout de suite eu un doute concernant le fait que le président de la FTQ soit également celui du Fond. J’ai toujours pensé que ces deux rôles étaient incompatibles. Comment peut-on à la fois défendre les intérêts des travailleurs et brasser des affaires avec leurs patrons? En cas de conflit de travail qui met en danger la santé financière d’une entreprise dans laquelle le Fond a investi, vers qui penche le cœur du grand patron? Louis Laberge et Michel Arsenault ont toujours affirmé leur solidarité envers les travailleurs, mais nous savons tous que tout n’est pas si simple dans la vie, encore plus quand l’entreprise en question est la propriété d’un de nos meilleurs amis.
La fonction de président du conseil d’administration du Fond de solidarité devrait être séparée de celle de président de la centrale syndicale. La FTQ devrait agir comme le gouvernement en ce qui concerne la Caisse de dépôt. Elle devrait nommer un président du conseil choisi pour ses compétences dans le domaine financier qui est indépendant du monde syndical. Cela éviterait la répétition du malaise actuel.
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Publié par : jacqueso à 01:20:48Permalien
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